Allumer puis éteindre une lampe depuis deux endroits différents repose sur un montage simple et très répandu dans les logements. Le branchement interrupteur va et vient équipe les couloirs, les cages d’escalier et les chambres avec deux accès. Le principe se comprend vite, le câblage demande surtout de la méthode et le respect de quelques règles de sécurité élémentaires.
Comprendre le principe du branchement interrupteur va et vient
Un interrupteur classique coupe ou rétablit le passage du courant sur un seul point. Le montage va-et-vient utilise deux interrupteurs spécifiques, reliés entre eux par deux fils appelés navettes. Chaque interrupteur possède trois bornes : une borne commune, repérée par la lettre L ou par un point, et deux bornes de sortie numérotées 1 et 2.
Quand l’utilisateur bascule l’une des commandes, le courant change de chemin et passe d’une navette à l’autre. La lampe s’allume quand les deux interrupteurs envoient le courant sur la même navette, elle s’éteint dès que l’un des deux bascule.
Le trajet électrique reste logique : la phase, c’est-à-dire le fil qui amène le courant, arrive sur la borne commune du premier interrupteur. Les deux navettes relient ensuite les bornes 1 et 2 des deux appareils. La borne commune du second interrupteur repart vers le luminaire. Le neutre, lui, ne passe jamais par les interrupteurs et rejoint directement la lampe, tout comme le fil de terre quand le luminaire en réclame un.
Le matériel et les précautions avant d’ouvrir le mur

Couper le courant et vérifier
Avant toute manipulation, abaissez le disjoncteur qui protège le circuit d’éclairage concerné, puis coupez l’interrupteur général si le doute persiste. Contrôlez ensuite l’absence de tension avec un testeur, aussi appelé VAT (vérificateur d’absence de tension). Un simple tournevis testeur dépanne, mais un multimètre offre une lecture plus fiable. Prévenez les autres occupants du logement pour éviter qu’une personne ne réarme le tableau pendant l’intervention.
Les fournitures nécessaires
Deux interrupteurs va-et-vient, du câble rigide de 1,5 mm² de section pour l’éclairage, une boîte de dérivation si les fils se rejoignent dans le mur, des bornes de connexion automatiques, un tournevis isolé, une pince coupante et une pince à dénuder suffisent.
La norme NF C 15-100, qui encadre les installations électriques domestiques, impose un disjoncteur de 16 A maximum pour un circuit d’éclairage et limite à huit points lumineux par circuit. Respectez aussi le code couleur : le bleu pour le neutre, le vert-jaune pour la terre, le rouge, le marron ou le noir pour la phase et les navettes.
| Critère | Description | Avantage | Conseil |
|---|---|---|---|
| Borne commune L | Arrivée de phase | Montage fonctionnel | Jamais en borne 1 |
| Navettes 1 et 2 | Deux fils entre interrupteurs | Ordre sans importance | Repérer chaque circuit |
| Neutre et terre | Liaison directe au luminaire | Câblage simplifié | Bleu et vert-jaune |
| Section 1,5 mm carré | Câble rigide éclairage | Conforme NF C 15-100 | Disjoncteur 16 A maximum |
| Troisième point de commande | Permutateur à quatre bornes | Extension sans limite théorique | Module radio en rénovation |
Les étapes du câblage
Raccorder le premier interrupteur
Dénudez les conducteurs sur environ un centimètre, sans entailler le cuivre. Placez la phase venue du tableau ou de la boîte de dérivation dans la borne commune L du premier interrupteur. Insérez ensuite les deux navettes dans les bornes 1 et 2. Tirez légèrement sur chaque fil pour vérifier qu’il tient bien dans sa borne automatique. Un conducteur mal enfoncé provoque un échauffement et, à terme, un faux contact.
Raccorder le second interrupteur
Les deux navettes traversent le mur ou la gaine et rejoignent les bornes 1 et 2 du second appareil. L’ordre n’a aucune importance : inverser les navettes ne change rien au fonctionnement, seule la position apparente des touches variera. Le fil qui part de la borne commune L alimente le point lumineux. Ce conducteur porte souvent la couleur orange ou violette pour le distinguer des autres.
Alimenter le luminaire
Dans la boîte de dérivation, reliez le neutre bleu de l’arrivée directement au neutre du luminaire, sans passage par les commandes. Connectez le fil de terre vert-jaune de la même manière si l’appareil le réclame, par exemple un luminaire métallique.
Reliez enfin le retour de lampe venu du second interrupteur à la borne phase du point lumineux. Refermez proprement la boîte, remettez le courant et testez les deux commandes l’une après l’autre.

Les erreurs courantes et leurs remèdes
La panne la plus fréquente vient d’une confusion entre la borne commune et une borne de navette. Si la lampe ne réagit qu’à un seul interrupteur, ou si elle reste allumée en permanence, vérifiez d’abord ce point : la phase doit occuper la borne L, jamais la 1 ni la 2. Autre erreur classique, l’utilisation d’un interrupteur simple allumage, qui ne possède que deux bornes et rend le montage impossible.
Un branchement interrupteur va et vient réclame deux appareils prévus pour cet usage, reconnaissables à leur troisième borne. Le disjoncteur qui saute au moment du test signale presque toujours un contact entre la phase et le neutre, ou un brin de cuivre qui dépasse d’une borne. Coupez, démontez et reprenez les connexions une à une.
Une lampe qui clignote trahit souvent une section de câble trop faible ou une borne desserrée. Enfin, ne mélangez jamais les navettes de deux circuits différents dans la même gaine sans repérage, car l’identification devient vite impossible lors d’un dépannage.
Commander un éclairage depuis trois points ou plus
Le montage évolue facilement quand un troisième accès existe, par exemple au milieu d’un long couloir. Il suffit d’intercaler un permutateur, un interrupteur à quatre bornes qui croise les navettes, entre les deux va-et-vient existants. Les navettes arrivent sur ses deux entrées et repartent de ses deux sorties vers le second interrupteur.
Chaque permutateur supplémentaire ajoute un point de commande, sans limite théorique, même si la multiplication des fils complique l’installation au-delà de quatre commandes. Les solutions sans fil constituent une alternative intéressante en rénovation, quand saigner un mur pose problème.
Un module radio installé derrière l’interrupteur existant dialogue avec une commande déportée alimentée par pile ou par l’énergie du geste. Le résultat reste identique pour l’utilisateur, avec un chantier bien plus léger. Pour une installation neuve ou une réfection complète, le branchement interrupteur va et vient filaire garde l’avantage de la fiabilité et d’un coût de matériel réduit.
